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1. Les couverts végétaux



Principe

Un couvert végétal est un ensemble de végétaux, implanté par semis ou repousse, afin de recouvrir le sol. Il peut être permanent ou temporaire. Il existe différentes appellations en fonction de l’objectif visé et de la durée d’implantation.
De manière générale, on parle de couverts végétaux lorsque l’implantation se fait à la fin d’une culture afin de ne pas laisser le sol à nu durant l’hiver, en attendant la prochaine culture.
Les cultures intermédiaires ou engrais verts quant à elles, sont des couverts végétaux que l’on restitue au sol, c’est à dire que l’on détruit et incorpore au sol avant la remise en culture de la parcelle dans le but d’améliorer sa fertilité. Ces cultures intermédiaires peuvent être utilisées dans le but d’éviter la lixiviation des nitrates. On parle alors de Culture Intermédiaire Piège à Nitrate (CIPAN). Ou utilisées pour produire des services écosystémique, pour leurs effets allélopathique (c’est à dire les interactions biochimiques positives ou négatives) afin de lutter contre les adventices, maladies et autres ravageurs. Dans ce cas on parle de Culture Intermédiaires Multi-Service (CIMS).
Les cultures intermédiaires s’opposent notamment aux cultures dérobées, qui sont un couvert végétal avec objectif de production. Le couvert est exporté sous forme de fourrage (luzerne etc) ou de grains.
Il existe également les couverts végétaux pérennes qui sont établies pendant plus d’une année sur une parcelle. Pour se faire, le mode de culture doit permettre de préserver le couvert végétal.

Exemple en vidéo : Association de la culture du blé avec de la luzerne:



Les espèces utilisées comme couvert végétal sont le plus souvent de type céréale, graminée ou légumineuse, et sont d’ailleurs souvent utilisées en mélange. Les légumineuses permettent de fixer l’azote atmosphérique et ainsi d’enrichir le sol en azote. Les céréales et graminées, bien qu’elles n’enrichissent pas le sol, ont un réseau racinaire dense et profond permettant de capturer efficacement les nutriments et de les remonter à la surface, permettant une meilleure disponibilité pour les cultures suivantes (Source). L’association d’une légumineuse avec une graminée/céréale permet d’associer leurs capacités respectives.
Il est en général pas recommandé d’implanter plus d’une espèce par famille végétale (par exemple deux céréales ou deux légumineuses ensemble).
Les espèces de légumineuses couramment utilisées sont les trèfles (blanc, incarnat, jaune,etc.), la vesce, le pois, la féverole. Pour les non-légumineuse, voici quelques exemples ; moutarde, radis, navette, avoine rude, ray-grass, moha, phacélie, sorgho,…
L’implantation d’une culture intermédiaire doit être réfléchie en fonction des spécificités pédologiques, climatiques et culturales et des services recherchés. Ce qui marche bien chez le voisin peut ne pas être adapté cent mètre plus loin.
Chaque situation est spécifique.
La destruction des cultures intermédiaires se fait mécaniquement (avec une herse, herse-étrille, rouleau,…), naturellement (par gel, fin de vie du couvert,…) ou chimiquement à l’aide d’herbicide. Toutefois cette dernière approche n’ai pas recommandée dans le cadre d’une approche agroécologie afin d’éviter de transférer ces molécules vers l’environnement.
La bonne gestion d’un couvert végétal demande de la technique et des connaissances ainsi qu’une bonne capacité d’adaptation.
Un des principaux enjeux des cultures intermédiaire est des restituer les nutriments capturés à la culture suivante. Il faut ainsi synchroniser la destruction du couvert avec l’implantation de la culture en prenant en compte le temps de dégradation des couverts et donc la libération des nutriments dans le sol au bon moment. Si la culture est implantée trop tard, une partie des nutriments peut être lessivé. Si la culture est implantée trop tôt, elle peut manquer de nutriments et notamment subir une faim d’azote entrainant un retard de croissance. Comme pour tout débris végétal, la phase de dégradation des engrais verts dépend de différents facteurs :
  • • Climatique : La chaleur et l’humidité favorisent la dégradation des débris végétaux.
  • • Pédologique : Les sols très acides retardent, voire arrêtent, la dégradation.
  • • Rapport C/N : Plus une plante contient de carbone par rapport à l’azote, c’est-à-dire plus son ratio C/N est haut, plus la dégradation des débris est lente. Et inversement.
  • • Activité biologique : La faune du sol est responsable de la dégradation des matières organique. Plus elle est active plus cette dégradation sera rapide.
La période entre la destruction des engrais vert et le semis de la culture suivante se compte généralement en semaines, voire jours.


Intérêts

Les couvertures végétales, sous toutes les formes, s’inscrivent dans une démarche agroécologique car elles présentent de nombreux intérêts écologiques : protection de la vie du sol et de la biodiversité, prévention du lessivage des éléments nutritifs (C,N,P,K,etc.), amélioration du stockage du carbone, réduction de l’érosion et décompactage des sols (Justes and Richard, 2017). En plus de cela, les engrais végétaux (ou cultures intermédiaires) permettent de capturer et de remonter les éléments nutritifs du sol, d’enrichir le sol en azote pour les légumineuses et de les redistribuer à la culture suivante.
L’implantation de cultures intermédiaires peut également permettre d’enrayer le cycle de vie de certains ravageurs, maladies et adventices.


Points de vigilance

La mise en œuvre d’un couvert végétal peut s’avérer assez technique. C’est pourquoi il est important de bien réfléchir à la mise en place du système. Se poser les bonnes questions au début permet de gagner du temps par la suite.
Le choix des espèces végétales et des mélanges est primordial. Le couvert végétal doit bien s’intégrer dans la rotation des cultures. Si la culture précédente était une céréale, il ne faut pas que le couvert implanté soit également une céréale. De plus, pour maximiser les services écosystémiques rendus par les mélanges d'espèces, il est nécessaire que l'association permette une bonne complémentarité de développement et de croissance.
Attention également à certains couverts, qui en fonction du contexte, peuvent favoriser la prolifération de ravageurs et de maladies en se constituant hôte.
L’implantation du couvert peut se révéler problématique si les récoltes sont tardive (nord de la France) ou si elle coïncide avec une période de sécheresse, comme cela peut arriver dans le sud de la France.
Le couvert, s’il n’est pas entretenu, peut devenir dur à broyer et présenter les mêmes inconvénients que les adventices. D’où l’importance d’un bon suivi de ses parcelles.
La transition entre la destruction de l’engrais vert et le semis de la culture suivante est un moment charnière afin de maximiser la restitution d’azote à la culture suivante. En fonction des contextes pédologique et climatique et des espèces végétales, la période optimale de transition entre ces deux cultures peut varier de quelques jours à quelques semaines.


Mise en pratique

La technique :

Expérimentation cultures intermédiaires au lycée Auzeville (Video):



Regards d’agriculteurs :



Sources :
- Eric Justes et Guy Richard, 2017.Contexte, Concepts et Définition des cultures intermédiaires multi-services.

Pratiques agroécologiques


Les pratiques agroécologiques se caractérisent par leur volonté de réduire l’impact environnemental de l’agriculture tout en incluant les services écosystémiques dans le cadre de la production agricole. (Voir définition des pratiques donnée dans la formation A1)

Bien que controversé, on peut considérer que toute alternative au modèle agricole conventionnel qui tend vers plus d'écologie est une pratique agroécologique.
Par exemple:

Etant donné cette définition, on se rend compte que le nombre de pratiques pouvant se qualifier d’agroécologique est vaste et qu’il est peu probable de réussir à en faire une liste complète.

Voici donc une liste non-exhaustive de pratiques agroécologiques :

Chaque fiche sera constituée de:
  • Fiche de description d'une pratique agroécologique
  • Témoignages d'agriculteurs
  • Fiches techniques

4. Mulch et paillage


Principe

En agriculture, le paillis, appelé également mulch, est une couche de matériau protecteur posée sur le sol, principalement dans le but de modifier les effets du climat local. Si, à l'origine, le terme dérive évidemment de paille, de nombreux autres matériaux naturels ou synthétiques sont utilisés à cet effet. Le paillage est l’opération qui consiste à mettre en place ce matériau (Source : Wikipedia). Cette technique est utilisée quasiment exclusivement en maraîchage.

Les principaux matériaux utilisés pour le paillage sont :
  • les débris végétaux : paille, feuilles mortes, BRF, broyats ligneux, cartons d’emballage, tonte de gazon… Les déchets organiques riches en lignine tel que la paille peuvent provoquer des faims d’azote si les cultures sont implantées directement dedans. Afin d’éviter cela, on peut les laisser composter plusieurs mois, ou les mélanger à des matériaux riches en azote. L’utilisation de BRF (Bois Raméal Fragmenté) consiste à pailler le sol avec de jeunes rameaux (<2 ans ou <Ø2,5 cm) d’arbres découpés en petits fragments (source). La tonte de gazon sert de nourriture au sol car elle est très riche et doit donc être utilisée avec parcimonie (limiter à 2.5 cm d’épaisseur). Les cartons seront surtout intéressants lorsque l’on ne dispose pas de suffisamment de débris végétaux.
  • le plastique : films, bâches tissées ou non,… Il peut être biodégradable ou recyclable. Bien qu’il ne permette pas de fertiliser le sol, il offre une meilleure résistance aux adventices et demande très peu d’entretien en comparaison avec le paillage organique. En général, le paillage plastique se présente sous la forme de fines feuilles de matière plastique, dans lesquelles sont pratiquées des fentes ou des ouvertures pour la plantation. Cette méthode est largement utilisée dans les cultures de légumes professionnelles à grande échelle. Cependant la pollution générée et l'élimination du plastique agricole est un réel problème environnemental.
  • les fragments de roche (très anecdotique) : Ardoise, pouzzolane, graviers, galets,… Le paillage minéral est plutôt utilisé pour les parterres ornementaux dans les communes. Il possède l’avantage d’être durable (source : MSV).

Les avis sur les matériaux utilisables sont très divers. La manière dont un paillis organique se décompose et réagit sous l'action de l'humidité apportée par la pluie ou la rosée détermine en grande partie son efficacité.

Les paillages organiques servent de couverture du sol mais permettent également de fertiliser le sol ; ce que ne font pas les paillages plastiques.

Le paillage en cours de culture permet de gérer l'enherbement, cependant il est délicat à réaliser car il ne doit pas coucher ou couvrir la culture en place. Il est cependant impossible à mettre en place avec un paillage plastique, il faut le mettre en place en début de saison.
La mise en place de paillage organique se fait souvent à la main, tandis que le paillage plastique est principalement mécanisé grâce à une dérouleuse de plastique :


Intérêts

Le paillage, qu’il soit plastique, organique ou minéral, permet :
- la maîtrise des adventices par occultation
- de favoriser les zones qui reçoivent la lumière
- de diminuer l’érosion du sol
- de diminuer l’évaporation de l’eau/maintenir l’humidité du sol
- d’améliorer la stabilité du sol.
Le paillage plastique permet de réchauffer le sol plus tôt dans la saison et ainsi de semer plus précocement et est plus efficace pour lutter contre les adventices que le paillage organique. Ce dernier permet néanmoins de nourrir et de fertiliser le sol et d’améliorer sa structure au fur et à mesure qu’il se décompose. Le paillage organique à long terme permet de favoriser la vie du sol et d’augmenter significativement sa teneur en matière organique.

Points de vigilances

Les paillages demandent une manutention ou un outillage important pour leur mise en place. Le paillage plastique ne permet pas de fertiliser le sol, il faut donc prévoir de l’enlever pour réaliser les amendements. De plus la pollution générée et l'élimination de ce type de paillage plastique est un réel problème environnemental.
Le paillage organique peut entraîner des faims d’azote lorsqu’il est trop ligneux et demande donc à être bien équilibré. Au printemps, il a tendance à retarder le réchauffement du sol et ainsi à retarder les premiers semis. Il peut également favoriser certains ravageurs des cultures tels que les limaces et les champignons.

Mise en pratique

La technique :

Regards d’agriculteurs :

Vidéos :
  • Mulch en permaculture de Permaculture Design :



  • Les inconvénients du paillage :



  • Le maraîchage sous paillage, témoignage Pierre Besse




2. Les légumineuses



Principe

Implantées seules ou en association, les légumineuses s’intègrent parfaitement dans un cycle de rotation en grande culture ou en prairie pâturée. Elles sont caractérisées par leur capacité à fixer l’azote atmosphérique grâce à la symbiose réalisé avec des bactéries du genre Rhizobium. Ces bactéries forment des nodules au niveau des racines qui sont le centre de fixation de l’azote gazeux. La culture de légumineuse permet d’amener peu, voire pas du tout d’engrais azoté pour les cultures suivantes. Il faut cependant amender en potasse et phosphore, même si elles sont généralement peu gourmandes, selon les espèces.
formationcivamgard.fr
Nodules sur racines de légumineuse
Les légumineuses sont reconnaissables à leur fruit en forme de gousses. Elles ont une forte teneur en protéines (entre 20 à 40 % sur graines sèche, selon les espèces), en fibres et micronutriments. Les associations alimentaires céréales-légumineuses présentent un profil protéique complet et ont été la base de l’alimentation de civilisation pendant des millénaires.
Fortes d’une très grande diversité d’espèces, les légumineuses présentent une diversité d’usage : les gousses ou graines récoltées fraîches ou sèches d’un côté (pois, fèves, féveroles, haricots-grains, lentilles, pois chiche, lupins, haricots verts, petits pois…) et les légumineuses fourragères ou prairiales de l’autre (luzernes, vesces, trèfles, sainfoin…). Le soja, la légumineuse la plus cultivée au monde, atteint une teneur de 40% en protéine sur masse sèche et est essentiellement utilisée sous forme de tourteaux pour l’alimentation animale.
Depuis le XXème siècle, la consommation humaine de légumineuse a progressivement chutée dû à la progression de la consommation de viande et le développement du soja et maïs destiné à l’alimentation animale. Aujourd’hui, les légumineuses ont un rôle important à jouer d’une part, pour la transition nutritionnelle qui tend vers un rééquilibrage des apports protéiques d’origine animale et végétale ; et d’autre part, pour renforcer l’autonomie des systèmes d’élevage et la résilience des territoires par une plus grande diversité cultivée de légumineuses (Source : dicoagroécologie).
La culture de légumineuses se fait généralement en rotation avec une céréale. Pour le soja, les rotations, généralement longue, se font souvent avec du blé tendre, maïs, tournesol, colza. Il est également possible d’implanter des cultures intermédiaires pendant la période hivernale pour minimiser les risques d’érosion par lessivage.

Intérêts

L’avantage majeur de la légumineuse est sa capacité à capter l’azote atmosphérique qui permet d’améliorer la fertilité du sol. Elle n’a donc besoin d’aucun apport d’azote minéral pour sa culture et en restitue au moins une partie aux cultures suivantes, réduisant leur besoin en engrais.
Dans certains cas, elles permettent également la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires car elle permet de briser certains cycles de ravageurs.
L’insertion de légumineuses dans les rotations permet d’augmenter la biodiversité et d’augmenter l’absorption du carbone dans le sol.
Les légumineuses fourragères permettent de renforcer l’autonomie alimentaire des systèmes d’élevages. Leur valeur nutritionnelle est importante à la fois pour l’humain et l’animal (fer, protéines, minéraux et fibres).
L’utilisation des légumineuses possède un fort potentiel d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et d’utilisation d’énergie grâce à la baisse d’utilisation d’intrants et à leur faculté de stocker le carbone dans les sols.

Points de vigilances

Le rendement des légumineuses peut être très variable, surtout pour les lentilles et pois chiche. Certains ravageurs posent problème notamment la bruche sur le pois et les lentilles et la noctuelle sur le pois chiche.
Le désherbage est souvent un point sensible en grande culture puisque le paillage (plastique ou végétal) n’est pas possible à mettre en place. Le désherbage mécanique peut être délicat pour certaines espèces fragiles comme les lentilles. De plus le désherbage mécanique peut amener un surcout en consommation de fioul par rapport au désherbage chimique.
Le risque de fuite de nitrate vers les eaux de surface ou souterraines est variable selon les systèmes de cultures et les espèces de légumineuses implantées. Les reliquats azotés après certaines légumineuses fourragères sont souvent élevés, comme dans le cas de luzerne ou de prairies affichant un taux de trèfle supérieur à 40 ou 50 %. Les reliquats après les légumineuses à graines sont légèrement supérieurs à ceux des céréales. Il est alors important d’implanter rapidement la culture suivante. La gestion de ce risque demande un certain niveau de technicité et de connaissance.

Mise en pratique


Deux grandes catégories de légumineuses sont couramment utilisées : les légumineuses fourragères et les légumineuses à graines.
Les légumineuses fourragères : sont cultivées pour l’ensemble de la partie aérienne de la plante (avec des feuilles riches en protéines) afin de nourrir les animaux soit par pâturage, soit après conservation du fourrage (foin, ensilage, déshydratation). Elles peuvent enfin être utilisées en tant que biomasse pour la production d’énergie ou de biomatériaux.
  • Luzerne, trèfle blanc, trèfle violet, sainfoin et lotier corniculé
Les légumineuses à graines : sont cultivées principalement pour leurs graines récoltées à maturité qui sont riches en amidon ou lipides et en protéines. Elles sont utilisées pour l’alimentation animale et humaine.
  • Pois, féverole, lupins (nord de la France), vesces, pois-chiches et soja (sud) / dans une moindre mesure on retrouve aussi les haricots et lentilles (bassins de production spécifiques)
Mais ces légumineuses sont également utilisées dans des couverts associés ou elles ne seront pas exportées. On les considère alors comme des intrants dans les systèmes de production. Au-delà de l’apport d’azote, la légumineuse non récoltée aura un effet couvrant et de régulation des bioagresseurs.


La technique :


Regards d’agriculteurs :

Développer les légumineuses à graines dans sa rotation -- Laurent et Nathalie Paul (vidéo) :




3. Le Semi direct sous couvert végétal


Principe

Le semi-direct est une technique agricole qui consiste à implanter une culture directement dans le sol, sans labour préalable. Le semis-direct sous couverture végétale associe l’absence de travail du sol à une couverture permanente du sol. On distingue deux types de semi direct en fonction de la couverture du sol : 1) le couvert végétal est détruit (mécaniquement, naturellement ou même chimiquement) et sa biomasse est conservée à la surface du sol et 2) le couvert végétal est conservé vivant et dans ce cas on parle de semis-direct sous couvert végétal vivant. Dans les deux cas, il faut utiliser un semoir particulier dit « direct » équipé de disques ou de dents capables de positionner la graine dans/sur le sol tout en découpant la végétation (Source : dicoagroécologie). Cette technique est majoritairement utilisée en grandes cultures. Elle fait partie des techniques culturales simplifiées qui sont un ensemble de méthode permettant de limiter le travail du sol.

Intérêts

Le semis-direct sous couvert végétal est une pratique issue de l’agriculture de conservation des sols car elle maintient une couverture végétale permanente, limite le travail du sol à la ligne de semis et ainsi réduit son érosion et renforce l’activité biologique ce qui contribue à la gestion durable de la matière organique du sol et au stockage du carbone dans le sol. Cette technique permet aussi une réduction du temps de travail et de la consommation de carburant par rapport au labour ainsi qu’une diminution du nombre de traitements phytosanitaires jusqu’à 50% dans certaines situations (Source : dicoagroécologie).

Points de vigilances

Néanmoins, le semis-direct n’est pas une technique de production si simple. Cela nécessite une très bonne maîtrise technique, des observations régulières, une bonne capacité d’adaptation de l’exploitant, ainsi qu’une approche globale du système de cultures et de l’exploitation (Source : CA04/Arvalis/AGRIBIO04).
Cette technique présente aussi des limites avec parfois des rendements légèrement inférieurs par rapport au système avec labour, bien que de manière générale les rendements demeurent les mêmes. Ces cas là s’expliquent par un retard dans le développement de la culture du fait d’un sol plus froid en raison de la présence de végétation à sa surface. De plus, certaines cultures comme l’orge d’hiver ou le colza ne sont pas adaptées à cette technique car elles subissent des pertes importantes à la levée en raison d’un développement souvent accentué de ravageurs comme les limaces. Pour finir, la compétition pour l’eau et les nutriments qu’exerce le couvert sur la culture doit être prise en compte pour en limiter les effets (Source : dicoagroécologie).

Mise en pratique


La technique :

Regards d’agriculteurs :


Le semis direct sous couvert : une solution contre l'appauvrissement des sols (Vidéo)



5. Agroforesterie


Principe


L’agroforesterie désigne les pratiques associant arbres, cultures et-ou animaux sur une même parcelle agricole, en bordure ou en plein champ.
Elle peut prendre des formes variées comprenant les systèmes agro-sylvicoles et sylvo-pastoraux : un alignement de noyers dans un champ de céréales ; culture de légumes ou de café sous un couvert arboré ; l’entretien de haies arbustives régulièrement espacées dans un champ ; la transformation d’un jardin potager en jardin-forêt ; un champ entouré de haies pour former un bocage ; un pâturage d’animaux dans un pré-bois. Son étymologie, agriculture et forêt, ne rend que partiellement compte de la réalité de l’agroforesterie : la « culture mêlée de forêt » n’est qu’un cas parmi d’autres, et pas le plus fréquent.
Cette pratique ancestrale est aujourd’hui mise en avant car elle permet une meilleure utilisation des ressources, une plus grande diversité biologique et la création d’un micro-climat favorable à l’augmentation des rendements.
En Europe, certains systèmes se sont maintenus : parcours semi-forestiers pour les animaux, pré-vergers, bocages, cultures intercalaires en vergers fruitiers, truffiers, noyerais, vigne... Certains sont à reconstruire, d'autres à inventer, avec les dynamiques de réseaux autour de la conservation des sols (techniques culturales simplifiées, semis directs…).

Intérêts


Bien menée, l’agroforesterie permet d’améliorer la fertilité du sol, sa texture et structure. La biomasse des arbres, riche en lignine, contribue à former un humus stable et fertile - litière aérienne et souterraine- et ses racines profondes permettent d’aller chercher loin les nutriments afin de les remonter à la surface. Elle permet également une meilleure utilisation des ressources du milieu et notamment de l’eau. L’arbre est un amortisseur climatique. En puisant et transpirant de l’eau depuis les couches profondes, il rafraîchit l’atmosphère en été, tandis que sa présence limite l’effet du vent et du sol, responsables d’importantes pertes d’eau par évaporation.
La pérennité des arbres permet de stocker du carbone, de favoriser la vie : les racines offrent une niche de choix pour héberger la vie du sol et limitent le gel hivernal et de lutter contre l’érosion.
Cette pratique permet de diversifier les activités économiques et de créer de nouvelles ressources : fruits, fourrage, litières, paillage, bois-énergie,…

Points de vigilances


La transition vers un système agroforestier est assez technique et doit se réfléchir sur le long terme. L’implantation et l’entretien des arbres et des haies augmente la charge de travail et exige un matériel spécifique. L’investissement de départ est conséquent et dans la plupart des cas le retour sur investissement est long (plusieurs années).
Une baisse de rendement est possible sur les cultures associées, notamment si une compétition pour l’eau, la lumière et les nutriments s’instaure entre l’arbre et la culture. Il est important de prévoir sur le long terme pour que ni l’un ni l’autre ne manque de ces éléments.

Mise en pratique


La technique :

Regards d’agriculteurs :

- La ferme du boulidou, agroforesterie et maraichage (video) :


- Ferme du lopin agroforesterie et maraichage (vidéo):


- Élever des volailles sous les arbres, projet Casdar par AGROOF (vidéo):


  • Partie I. Contexte méditerranéen


En France, l’agroécologie est principalement perçue comme un modèle agricole alternatif (Wezel et al., 2009) se résumant à un ensemble de pratiques agricoles. L’étude des principes agroécologiques a renforcé l’agronomie, qui a intégré une approche systémique de l’agriculture.

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Bassin Mediterranéen © Office de tourisme de Sète

En région Méditerranéenne française (Régions Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’azur), l’agriculture doit s’adapter aux contraintes et particularités locales.
image pourtour_mditerranen.jpg (0.1MB)
Carte du pourtour méditerranéen; Source: anfh


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