• Les couverts végétaux

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Principe

Un couvert végétal est un ensemble de végétaux, implanté par semis ou repousse, afin de recouvrir le sol. Il peut être permanent ou temporaire. Il existe différentes appellations en fonction de l’objectif visé et de la durée d’implantation.
De manière générale, on parle de couverts végétaux lorsque l’implantation se fait à la fin d’une culture afin de ne pas laisser le sol à nu durant l’hiver, en attendant la prochaine culture.
Les cultures intermédiaires ou engrais verts quant à elles, sont des couverts végétaux que l’on restitue au sol, c’est à dire que l’on détruit et incorpore au sol avant la remise en culture de la parcelle dans le but d’améliorer sa fertilité. Ces cultures intermédiaires peuvent être utilisées dans le but d’éviter la lixiviation des nitrates. On parle alors de Culture Intermédiaire Piège à Nitrate (CIPAN). Ou utilisées pour produire des services écosystémique, pour leurs effets allélopathique (c’est à dire les interactions biochimiques positives ou négatives) afin de lutter contre les adventices, maladies et autres ravageurs. Dans ce cas on parle de Culture Intermédiaires Multi-Service (CIMS).
Les cultures intermédiaires s’opposent notamment aux cultures dérobées, qui sont un couvert végétal avec objectif de production. Le couvert est exporté sous forme de fourrage (luzerne etc) ou de grains.
Il existe également les couverts végétaux pérennes qui sont établies pendant plus d’une année sur une parcelle. Pour se faire, le mode de culture doit permettre de préserver le couvert végétal.

Exemple en vidéo : Association de la culture du blé avec de la luzerne:



Les espèces utilisées comme couvert végétal sont le plus souvent de type céréale, graminée ou légumineuse, et sont d’ailleurs souvent utilisées en mélange. Les légumineuses permettent de fixer l’azote atmosphérique et ainsi d’enrichir le sol en azote. Les céréales et graminées, bien qu’elles n’enrichissent pas le sol, ont un réseau racinaire dense et profond permettant de capturer efficacement les nutriments et de les remonter à la surface, permettant une meilleure disponibilité pour les cultures suivantes (Source). L’association d’une légumineuse avec une graminée/céréale permet d’associer leurs capacités respectives.
Il est en général pas recommandé d’implanter plus d’une espèce par famille végétale (par exemple deux céréales ou deux légumineuses ensemble).
Les espèces de légumineuses couramment utilisées sont les trèfles (blanc, incarnat, jaune,etc.), la vesce, le pois, la féverole. Pour les non-légumineuse, voici quelques exemples ; moutarde, radis, navette, avoine rude, ray-grass, moha, phacélie, sorgho,…
L’implantation d’une culture intermédiaire doit être réfléchie en fonction des spécificités pédologiques, climatiques et culturales et des services recherchés. Ce qui marche bien chez le voisin peut ne pas être adapté cent mètre plus loin.
Chaque situation est spécifique.
La destruction des cultures intermédiaires se fait mécaniquement (avec une herse, herse-étrille, rouleau,…), naturellement (par gel, fin de vie du couvert,…) ou chimiquement à l’aide d’herbicide. Toutefois cette dernière approche n’ai pas recommandée dans le cadre d’une approche agroécologie afin d’éviter de transférer ces molécules vers l’environnement.
La bonne gestion d’un couvert végétal demande de la technique et des connaissances ainsi qu’une bonne capacité d’adaptation.
Un des principaux enjeux des cultures intermédiaire est des restituer les nutriments capturés à la culture suivante. Il faut ainsi synchroniser la destruction du couvert avec l’implantation de la culture en prenant en compte le temps de dégradation des couverts et donc la libération des nutriments dans le sol au bon moment. Si la culture est implantée trop tard, une partie des nutriments peut être lessivé. Si la culture est implantée trop tôt, elle peut manquer de nutriments et notamment subir une faim d’azote entrainant un retard de croissance. Comme pour tout débris végétal, la phase de dégradation des engrais verts dépend de différents facteurs :
  • • Climatique : La chaleur et l’humidité favorisent la dégradation des débris végétaux.
  • • Pédologique : Les sols très acides retardent, voire arrêtent, la dégradation.
  • • Rapport C/N : Plus une plante contient de carbone par rapport à l’azote, c’est-à-dire plus son ratio C/N est haut, plus la dégradation des débris est lente. Et inversement.
  • • Activité biologique : La faune du sol est responsable de la dégradation des matières organique. Plus elle est active plus cette dégradation sera rapide.
La période entre la destruction des engrais vert et le semis de la culture suivante se compte généralement en semaines, voire jours.


Intérêts

Les couvertures végétales, sous toutes les formes, s’inscrivent dans une démarche agroécologique car elles présentent de nombreux intérêts écologiques : protection de la vie du sol et de la biodiversité, prévention du lessivage des éléments nutritifs (C,N,P,K,etc.), amélioration du stockage du carbone, réduction de l’érosion et décompactage des sols (Justes and Richard, 2017). En plus de cela, les engrais végétaux (ou cultures intermédiaires) permettent de capturer et de remonter les éléments nutritifs du sol, d’enrichir le sol en azote pour les légumineuses et de les redistribuer à la culture suivante.
L’implantation de cultures intermédiaires peut également permettre d’enrayer le cycle de vie de certains ravageurs, maladies et adventices.


Points de vigilance

La mise en œuvre d’un couvert végétal peut s’avérer assez technique. C’est pourquoi il est important de bien réfléchir à la mise en place du système. Se poser les bonnes questions au début permet de gagner du temps par la suite.
Le choix des espèces végétales et des mélanges est primordial. Le couvert végétal doit bien s’intégrer dans la rotation des cultures. Si la culture précédente était une céréale, il ne faut pas que le couvert implanté soit également une céréale. De plus, pour maximiser les services écosystémiques rendus par les mélanges d'espèces, il est nécessaire que l'association permette une bonne complémentarité de développement et de croissance.
Attention également à certains couverts, qui en fonction du contexte, peuvent favoriser la prolifération de ravageurs et de maladies en se constituant hôte.
L’implantation du couvert peut se révéler problématique si les récoltes sont tardive (nord de la France) ou si elle coïncide avec une période de sécheresse, comme cela peut arriver dans le sud de la France.
Le couvert, s’il n’est pas entretenu, peut devenir dur à broyer et présenter les mêmes inconvénients que les adventices. D’où l’importance d’un bon suivi de ses parcelles.
La transition entre la destruction de l’engrais vert et le semis de la culture suivante est un moment charnière afin de maximiser la restitution d’azote à la culture suivante. En fonction des contextes pédologique et climatique et des espèces végétales, la période optimale de transition entre ces deux cultures peut varier de quelques jours à quelques semaines.


Mise en pratique

La technique :

- Introduire des cultures intermédiaires, ADEME
- Comment choisir son couvert végétal ? (Videos), Chambre d’agriculture de l’Aude

- Choisir son engrais vert, fiches espèces, ITAB

- Les cultures intermédiaires, fiche technique, A2C

- Expérimentation cultures intermédiaires au lycée Auzeville (Video):

Regards d’agriculteurs :
- Outils de travail du sol, rotation et engrais verts, Admed

- Des engrais verts et un cheptel, Admed



Sources :
- Eric Justes et Guy Richard, 2017.Contexte, Concepts et Définition des cultures intermédiaires multi-services.